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Semaine Verte : Le coût économique du changement climatique

Dans nos deux précédents articles, nous avons exploré les impacts de la hausse des températures sur notre santé et la fragilisation de notre ressource en eau dans notre région. Mais il y a un autre aspect à ne pas négliger : l'impact sur notre portefeuille et notre économie. Le dérèglement climatique n'est pas seulement une crise écologique, c'est un choc économique majeur pour nos entreprises, nos communes et nos foyers.

florent duveau

Florent DUVEAU

place le pellerin

Même sans parler des grandes catastrophes naturelles, les simples variations anormales de la météo (retards logistiques, baisses de rendement agricole, problèmes d'approvisionnement) coûtent déjà environ 9 milliards d'euros par an à l'économie des Pays de la Loire.

Comme nous l'avons vu précédemment avec le retrait-gonflement des argiles qui fissure nos maisons ou les inondations qui menacent nos champs et communes, les dégâts physiques sont déjà là. Et sans une action forte de notre part, les projections sont sans appel : la sinistralité des professionnels liée aux aléas climatiques va bondir de plus de 105 % d'ici à 2050 dans notre région, ce qui représentera un surcoût de 140 millions d'euros.

C'est toute la chaîne de valeur de nos entreprises qui vacille. Au niveau mondial, les conséquences climatiques (et notamment les ruptures d'approvisionnement) coûteront 1 260 milliards de dollars aux entreprises d'ici à 2026. Même sans parler de catastrophes destructrices, la simple "variabilité climatique" (retards logistiques, problèmes de matières premières, météo anormale) coûte déjà la somme astronomique de 9 milliards d'euros par an à l'économie des Pays de la Loire.

Un dernier aspect à prendre en compte est le coût de l’assurance. Face à l'augmentation des sinistres, les entreprises ont déjà subi une hausse moyenne de 150 % de leurs primes d'assurance depuis 2018. D'ici à 2050, le coût des dommages pour les professionnels va encore faire un bond de 105 % dans notre région. Le risque est de voir les assurances privées se retirer, créant des usines ou des locaux devenus tout simplement inassurables. À l'échelle locale, si nous ne faisons rien pour nous protéger de la submersion marine et estuarienne, les dommages pourraient amputer de 5 à 10 % le PIB régional d'ici à 2100, soit une perte sèche de près de 8 milliards d'euros.

Encore une fois, des solutions sont possibles. Le GIEC des Pays de la Loire estime que notre région devra investir entre 4 et 5 milliards d'euros par an pour s'adapter et protéger ses infrastructures.

Cela peut paraître immense, mais la prévention est en réalité un investissement ultra-rentable : la Caisse Centrale de Réassurance souligne qu'un euro investi dans la prévention permet d'éviter entre 7 et 8 euros de dépenses liées aux dommages climatiques !

Parmi les solutions concrètes préconisées par les experts, on retrouve la création d'un "fonds d'urgence climatique" régional qui permettrait de soutenir les territoires ou les agriculteurs les plus vulnérables.

Du côté de l'emploi, nos entreprises doivent d'urgence réaliser des diagnostics de vulnérabilité précis pour identifier leurs points de rupture, qu'il s'agisse du risque de paralysie d'une chaîne logistique ou de l'exposition directe d'une usine aux inondations ou aux fortes chaleurs. L'enjeu est d'anticiper les bouleversements économiques à venir plutôt que de les subir.

Surtout, cette anticipation doit se traduire par des reconversions très concrètes pour les travailleurs. Sur notre territoire, cela signifie par exemple accompagner les salariés de la construction navale vers les marchés émergents de l'éolien en mer ou des navires à propulsion propre. C'est aussi former massivement les artisans aux techniques de la rénovation thermique (un secteur qui pourrait voir ses créations d'emplois bondir de 10 % avec une vraie stratégie bas-carbone), ou encore aider nos ouvriers de l'aéronautique et de l'automobile à se reconvertir dans la conception de matériaux allégés et de moteurs décarbonés. »

Le climat de demain nous impose des défis colossaux. Mais ces défis sont aussi une opportunité historique de repenser notre commune et notre vivre-ensemble. Moins de bitume, plus d'arbres, une eau préservée, des logements mieux isolés, des conditions de travail repensées et une solidarité renforcée envers les plus fragiles.

Nous avons les connaissances scientifiques, les solutions existent, et elles sont à portée de main. Au Pellerin comme ailleurs, l'adaptation n'est pas un renoncement, il nous faut une volonté politique forte, c'est la promesse d'un avenir plus sain, plus juste et plus désirable. Construisons-le ensemble !

Vous pouvez retrouver tous les chiffres, et plus d'analyses dans les rapports du GIEC-PL, disponibles gratuitement ici : https://giec-pl.org/


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